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1 avr. 2008

Ce projet de société n'est pas le nôtre

Ça n'est malheureusement pas du tout un poisson d'avril :



lire le texte sur le site du Gisti : la xénophobie d’État tue

17 janv. 2008

La nausée

On avait déjà eu droit au discours de Latran soufflé par Gaino et Gallo : « Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. J'assume pleinement le passé de la France et ce lien particulier qui a si longtemps uni notre nation à l'Eglise », où le mari de Carla Bruni n’avait pas hésité à évoquer les "souffrances" infligées au clergé par la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905 (expulsion des congrégations, querelle des inventaires). Pour lui l'interprétation aujourd'hui consensuelle de la loi de 1905 relève d'une « reconstruction rétrospective ». Il en avait alors profité pour balancer le concept fumeux de « laïcité positive », face à une laïcité « épuisée » et menacée par « le fanatisme », jugeant qu’il était dans l'intérêt de la République d'avoir « beaucoup d'hommes et de femmes » qui « croient » et qui « espèrent », le tout agrémenté de termes qui caressent toujours facilement les bigots dans le sens du poil : « morale », « valeurs », « transcendance », « sacrifices », blah blah blah.


Maintenant, à Ryad, c’est l'héritage « civilisateur » des religions et, carrément, les « racines religieuses » du monde qui sont exaltés : « Dans le fond de chaque civilisation, il y a quelque chose de religieux », « c'est peut-être dans le religieux que ce qu'il y a d'universel dans les civilisations est le plus fort ». Un vrai sermon on vous dit : « Dieu qui n'asservit pas l'homme mais qui le libère », « Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le coeur de chaque homme », « Dieu qui est le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes », Dieu, toujours Lui, dont le message, le Pauvre, a « souvent été dénaturé ».


Stop, basta, n’en jetez plus !

Cependant, passée la nausée, il ne faudrait pas trop s’étonner de tels propos.


Rappelons-nous qu’en plein débat sur les signes religieux à l’école publique, le pote à Bolloré était pour « réaménager » ou « moderniser », je ne me rappelle plus du terme, la trop fameuse loi de 1905. Idéologiquement, le nabot de Neuilly se place dans une continuité, celle de la Droite Libérale (d’où viennent aussi Raffarin et de gros poissons de l’UMP), DL farouchement anti-laïque au début du XXème siècle. Le cynisme c’est qu’ils ont mené en 2003 LEUR croisade pour la laïcité, mais une laïcité détournée en nationalisme foireux et méfiance vis-à-vis des musulmans (et qui en passant a servi à quelque peu éclipser le débat sur les retraites). Et s’ils avaient pu de surcroît retoucher la loi de 1905, ils ne se seraient pas gênés. Mais c’était encore un peu trop tôt, et pour cela il fallait les pleins pouvoirs. Aujourd’hui l’ex de Cécilia les a, et comment.


Mais je voudrais également en profiter pour rappeler autre chose : que plus de trente ans avant 1905, un gouvernement français avait déjà décrété, de manière on ne peut plus tranchée, la séparation de l’Eglise et l’Etat. Eh oui, on l’oublie trop souvent, mais la loi de 1905 a volé la vedette au texte du PREMIER décret pris, et voté A L'UNANIMITE, par la Commune de Paris en 1871.

Ce texte, le voici :


- 2 avril 1871 -

La Commune de Paris

Considérant que le premier des principes de la République française est la liberté

Considérant que la liberté de conscience est la première des libertés

Considérant que le clergé a été le complice des crimes de la monarchie contre la Liberté

DECRETE

Article 1 : L'Eglise est séparée de l'Etat.

Article 2 : Le budget des cultes est supprimé

Article 3 : Les biens dits de mainmorte, appartenant aux congrégations religieuses, sont déclarés propriété nationale.

Article 4 : Une enquête sera faite immédiatement sur ces biens, pour en constater la nature et les mettre à la disposition de la nation.


Bien entendu ce texte, comme d’autres et plus généralement beaucoup de ce qui a trait à la Commune, a été patiemment escamoté des mémoires. C’est que les motivations de l’adoption de textes qui vont pourtant dans le même sens sont bien différentes. La Commune est clairement internationaliste, par exemple. De ses représentants, plusieurs sont étrangers (allemands, polonais) et si elle supprime les insignes religieux et les prières à l’école publique, elle ne vise aucune communauté en particulier. Encore moins de visée ethnique implicite. On connaît la fin de la Commune et la répression dont elle fit l’objet.


En 1905 le contexte est différent. Sous la pression de l’opinion publique, la IIIe République a déjà laïcisé nombre d’hôpitaux, hospices et cimetières, l’Affaire Dreyfus est passée par là et l’Eglise catholique, à travers sa presse et par la voix de certains de ses prêtres, s’y est distinguée par ses prises de position ignobles. Je ne souhaite pas refaire "l’Affaire" mais je dis simplement que la séparation de l’Eglise et de l’Etat devait se faire, c’était certainement pas complètement "dans l’air du temps", mais c’était une concession minimum à faire d’un côté par la classe dirigeante (en mutation), pour resserrer de l’autre. C’est comme, je l'ai déjà dit, quand on nous ressasse que Mitterrand, dans son Infinie Bonté, a aboli la peine de mort. Là encore, même si l’opinion restait certes divisée sur le sujet, c’était plus ou moins inéluctable, ce serait le contraire, qu’elle n’ait pas été abolie, qui aurait été étonnant.


Bref, comme on va reparler de laïcité ces jours-ci (vous allez voir qu'on va nous marteler qu'il n'est pas question, pour l'instant, d'y toucher, qu'elle est "sacrée", etc.), je souhaitais replacer tout cela dans une perspective historique et essayer de montrer à quel point l'héritier de Pasqua, baptisé catho et trimbalé d’école privée du XVIIème en école privée à Neuilly-sur-Seine, a de la suite dans les idées (même si je sais que vous n'en doutiez pas) et comment, entre mise en scène people et annonces populistes non suivies d'effets, rien, dans tout cela, n'est laissé au hasard.


En effet, la contradiction n'est qu'apparente entre d'une part l'exaltation des valeurs chrétiennes qui participe de cet alignement stratégique et idéologique sur l'Amérique des néo-conservateurs dans leur croisade contre les "infidèles" (et à la pêche à ce qu'il reste de pétrole), et, d'autre part, la défense de la laïcité de 1905. C'est que cette défense de la laïcité "à la française" est, on l'a vu, nettement partisane en réalité. Car sur ce deuxième point il s'agit ni plus ni moins que d'un détournement de l'héritage révolutionnaire, de cette laïcité à la communarde qui n'était en aucun cas un slogan chauviniste, mais bien liée à l'image de l'Eglise catholique comme étant un des principaux soutiens institutionnels des forces réactionnaires et à l'idée que les intérêts de la classe ouvrière exigeaient que l'Eglise soit écartée des affaires de l'Etat ainsi que des écoles. Cette conception était intimement liée aux luttes sociales des dernières années du XIXème siècle, mais cela bien entendu (de même que tout ce qui a trait, au-delà du folklore, à mai 68) a été totalement effacé au profit de la stigmatisation des musulmans (et la création du CFCM n'est qu'une manière de plus de les contrôler), et plus généralement des arabes (entre autres), systématiquement confondus, justement, avec les musulmans.


Pas de doutes, l'actuel chanoine d'honneur de Saint-Jean-de-Latran s'y connaît en « reconstruction rétrospective ». Cette nouvelle variante de la laïcité, « positive », participe d'une vaste entreprise de reconstruction d'une "nouvelle" idée de l'identité dite nationale, qu'il voudrait commune. En notre nom. Contre notre gré. La nausée, décidemment.


26 déc. 2007

salauds de pauvres, l'éternel retour

Fallait y penser. En fait non, ça avait déjà été pensé. Suffisait de glisser d'une rubrique à l'autre. Hier sur RFI, Christine Boutin en visite dans un centre d'hébergement d'urgence (le jour de Noël, rendez vous compte, c'est pas beau ça, c'est pas bien chrétien?), se lamentait: après avoir reconnu que l'on manquait de logements "sociaux" en France et que les places en hébergements d'urgence ne suffisaient pas, elle en est venue à dire que de toute façon, MEME SI le gouvernement (sous-entendu par miracle) parvenait à trouver une place pour tout le monde, eh bien c'est sûr qu'il y aurait des gens, comme c'est le cas aujourd'hui, les ingrats, qui refuseraient de se faire mettre au chaud! Trois fois en moins d'une minute, elle l'a répété. Donc c'est comme pour le chômage en fait. C'est pas tellement que les boulots manquent, c'est que les gens veulent pas travailler. Vous voyez le truc. A quoi ça sert qu'on se décarcasse? A quoi ça sert qu'on double, qu'on triple, les capacités d'accueil? A quoi ça sert le "plan grand froid" tant qu'on y est. Et pourquoi que certains SDF veulent pas aller dans ces centres et préfèrent se démerder à l'avenant? Elle se l'est demandé, la ministre? Elle ferait bien, ça lui rabattrait le caquet. Bon, rien de bien nouveau en réalité, tous les hivers c'est la même chose. Mais cette idée du "SDF qui veut pas se loger" qu'on nous balance année après année, plutôt insidieusement d'habitude, assénée cette fois sans vergogne, pourrait bien finir par faire son nid. Et ça c'est inadmissible.

cliché: un clochard à Paris en 1898, par Eugène Atget

25 oct. 2007

de la suite dans les idées?



Ça y ressemble en tous cas. Notre ministre du logement nous avait déjà fait sourire il y a quelques temps dans une Mare aux Canards intitulée « Les amusements de Matignon »
: « Premier séminaire du gouvernement Fillon le 10 juillet, à Matignon. Deux sujets sont à l'ordre du jour avant le déjeuner : les banlieues et l'emploi. » Quelques blagues et lapsus en amuse-gueules, puis du solide, attention ( Le Canard enchaîné du mercredi 18 juillet 2007) :




Et voilà que maintenant elle annonce qu'elle est prête à passer à l'acte:

Logement: Christine Boutin "n'exclut pas la possibilité" de réquisition

La ministre du Logement Christine Boutin "n'exclut pas la possibilité de réquisitionner certains immeubles" dans le cadre de la préparation du plan hiver, a-t-elle déclaré mercredi à l'AFP.

"En ce qui concerne la préparation du plan hiver, je n'exclus pas la possibilité de réquisition de certains immeubles cet hiver, si nous n'arrivons pas à répondre à la demande", a indiqué Christine Boutin qui a visité, dans la matinée, le centre du 115 géré par le Samu social à Ivry (Val-de-Marne).

"La loi (ndlr: de réquisition) existe, elle a été rarement appliquée, elle n'est pas obligatoirement d'une efficacité à 100% mais, compte tenu de la gravité de la situation, et de facon exceptionnelle, je n'exclus pas la possibilité d'user de ce droit de réquisition dans les zones tendues".

Ce droit de réquisition, a précisé la ministre, pourrait s'exercer "sur des institutionnels, des immeubles qui appartiennent à des compagnies d'assurances et qui ne sont pas utilisés, etc.".

Mme Boutin doit présider jeudi matin, avec les préfets d'Ile-de-France, la réunion annuelle pour préparer le plan "grand froid", plan d'urgence hivernale.

20Minutes.fr avec AFP, éditions du 17/10/2007


Dans une autre dépêche, il est précisé que "
ce droit de réquisition pourrait s’exercer sur des immeubles qui appartiennent à l’Etat ou à des sociétés privées et qui ne sont pas utilisés".


Chiche! "tout" deviendrait-il vraiment "possible" avec ces clowns?


Demandez aux Macaq (dont c'est déjà la deuxième - officielle du moins - tentative avortée d'occupation de locaux vides pour les transformer en résidences universitaires):
Expulsion cinema. Demandez rue de la Banque, où ça s'éternise: 5h01 5oct 07; 5h40 5oct 07; 23h 5oct 07. Même le blog du ministère a été réactivé pour l'occasion. Je le redis : bon d'accord Jeudi Noir sont des bouffons, d'accord A. Legrand, son sourire et son anorak rouge même floutés ça fait tache, quant au DAL... mais quand même... Et encore, tout cela ce sont les vitrines, et quand c'est des actions moins exposées, quand les carnets d'adresses sont moins bien fournis... ?

Demandez près de chez vous, c'est forcément arrivé près de chez vous, ou alors ça ne saurait tarder...

26 août 2007

il nous en reste combien?



Des mines anti-personnel?

Combien exactement? va savoir, Secret Défense.

Si l'on suppose que l'Hexagone a appliqué la loi n° 98-564 du 8 juillet 1998, « tendant à l'élimination des mines antipersonnel », une note précise que « La totalité des mines antipersonnel réelles encore détenues en stock par les armées sera détruite avant la fin de l'année 1999, à l'exception du stock de 5000 mines autorisé par la loi. »

Ah bon, si c'est autorisé par la loi...

voir la CONVENTION SUR L'INTERDICTION DE L'EMPLOI, DU STOCKAGE, DE LA PRODUCTION ET DU TRANSFERT DES MINES ANTIPERSONNEL ET SUR LEUR DESTRUCTION
rapport août 1999.

19 juin 2007

Salon de la destruction

Dimanche après-midi, à Bagnolet, on se disait "mais c'est quoi tous ces hélicoptères?". Dans le coin ça brasse déjà pas mal dans les airs en temps normal mais là... Bon sang mais c'est bien sûr! Le Bourget! Le salon des machines de guerre qui volent. Oui, bien sûr, oui il y a aussi du civil. Qui n'en est pas moins néfaste pour la planète et les populations. Ainsi on pourra y suivre les derniers épisodes du duel-feuilleton Boeing-Airbus-je te tiens-tu me tiens-par la barbichette. De l'avis de tous les commentateurs assermentés, aviation civile ou militaire, cette année s'annonce en tous cas comme "un grand cru". Des milliards d'euros de retombées. Serge Dassault se félicitait aujourd'hui sur RFI de ses ventes passées et de celles à venir, en expliquant son succès par la qualité de ses produits, sans bien entendu indiquer que c'était aussi et surtout grâce à la permanence et même la recrudescence des guerres (je me refuse à parler de "conflits" ou de "crises") un peu partout autour du globe.

"L’armée de l’air participe activement au salon du Bourget 2007" peut-on lire sur le site du Ministère de la Défense (là c'est pareil, il y a déjà un moment qu'on ne dit plus Ministère de la Guerre, ni même des Armées, vous vous souvenez?). Activement? C'est le contraire qui serait étonnant. En attendant Euronaval ou Eurosatory, grand-messes "seulement" biennales des technologies de la mort, on pourra donc patienter en allant attraper un torticoli à mater les démonstrations spectaculaires des Rafales (Dassault - photo 1) et Eurocopter (EADS - photo 2), et autres Mig, F16 et F18.

Les affaires sont les affaires. Le très prudent Monde rappelait encore aujourd'hui que "depuis 2005, le total des dépenses militaires annuelles de la planète a de nouveau franchi les 1 000 milliards de dollars (1 204 milliards en 2006), retrouvant le niveau atteint au plus fort de la tension Est-Ouest, une période qui fut celle de l'âge d'or des régimes de contrôle des armements". Différents instituts de recherche "soulignent l'évolution alarmante que connaît la planète, qui, en 2006, a consacré plus de 2,5 % de son produit intérieur brut (PIB), soit 184 dollars par habitant (135 dollars en 2001), à des dépenses militaires. Celles-ci ont progressé de quelque 37 % depuis dix ans". Et, bien entendu, "les pays riches sont les principaux responsables de cette militarisation croissante : sur les 1 118 milliards de dollars déboursés en 2005, 707 milliards proviennent des membres du G8. Même si la comparaison a ses limites, le montant de l'aide globale au développement (106,8 milliards de dollars en 2005) souligne le caractère incantatoire des discours sur la solidarité internationale." Ben oui. Et ça rapporte combien, docteur?

Fillon a déjà fait le pitre au salon et Sarkozy y est attendu ce samedi, avec anxiété semble-t-il. Eh oui, car si MAM, avant de partir, a bien tout fait pour charger à bloc la loi de programmation militaire jusqu'à 2009 (le deuxième porte-avions etc.), il s'agit maintenant de préparer la prochaine, celle de 2009-2014. Alors les professionnels de la destruction sont nerveux et oscillent dans leur discours entre larmes, menaces et cocoricos: "Ce sera la première rencontre de Nicolas Sarkozy avec notre industrie (...), nous ferons part de nos problèmes aux plus hautes autorités de l'Etat" a déclaré le président du GIFAS (groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) Charles Edelstenne, en évoquant les "défis" du secteur, "la compétitivité et l'environnement pour lequel l'industrie accentue ses efforts de réduction des émissions de CO2 et de nuisances sonores". Ahah! Après les voitures vertes, les avions de l'espoir. Mais: "L'euro fort détruit nos marges, pour être compétitifs nous devons soit encore réduire ces marges soit délocaliser", a ajouté M. Edelstenne, par ailleurs PDG de Dassault Aviation. "Pour relever ces défis, l'Etat doit être à nos côtés, faire le choix stratégique de soutenir une industrie indispensable à l'économie de la France", a-t-il ajouté.

Oui, surtout que, on le sait, au rythme où vont les choses, le nombre d'avions en service devrait doubler d'ici à 2026 (trafic de passagers et de fret en croissance exponentielle constante de 5% par an en moyenne)... Les massacres lucratifs ET les émissions massives de CO2. Un bien beau salon! L'avion, civil ou militaire, vert écolo-propre ou gris camouflage, c'est carton plein! Ah, et puis il y a les hélicos, gros gros consommateurs-pollueurs, et puis...

Pour finir, rappelons juste pour l'anecdote - mais qui en dit long - que Mitterrand fraîchement élu avait pris grand soin en inaugurant en 81 ce même salon du Bourget de ne poser à côté d'aucun appareil militaire ou apparenté (ou alors à la limite en les repeignant de blanc et en les délestant de tout missile), afin de ne pas envoyer au "peuple de gauche" en plein élan une image qui aurait pu sembler trop hard, trop décalée. Ce qui n'a pas empêché la France de très bien se maintenir dans le peloton de tête des vendeurs d'armes de par le monde...


Sur le volet civil, concernant aviation et environnement, voici quelques liens fort documentés (et d'autant plus inquiétants!!):
  • Le rapport spécial du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat), L'AVIATION ET L'ATMOSPHÈRE PLANÉTAIRE
  • Les actes du colloque de l'ADEME, "Quelles perspectives de réduction des émissions de CO2 dans le secteur des transports (route et aviation)" (septembre 2005)
(merci Aliz)

11 mai 2007

passation de pouvoirs...

Je vais assurer la permanence, pour un temps. Edgar est au four, je suis au moulin...

Il est passé. Il l'a dit, l'a répété jusqu'au bout. Cause de tous les maux du pays, « l"héritage de Mai 68 doit être liquidé une bonne fois pour toutes ». Sauf que...

... ça va pas être possible mon gars. Ed m'a laissé quelques notes:

« Il serait du reste intéressant de se demander une fois de plus de quoi on cause quand on parle de Mai 68. Cependant, que l'importance de Mai ait été sciemment minimisée ou soit même carrément passée à la trappe pour que l'histoire officielle n'en garde que la partie la plus visible, c'est-à-dire des avancées dans le domaine social dont il était de toutes les manières inévitable que la France de l'époque se dote dans un contexte plus général d'"émancipation" des années 60, est pour l'instant une autre question.

Quoi qu'il en soit, tout porte à croire que Sarko a écourté ses vacances de milliardaire autant pour mettre fin aux qu'en dira-t-on qu'à cause de la résistance qui se met en place, de la rue qui gronde. Il doit être pressé de reprendre la main, mais il faudra au moins qu'il attende jusqu'au 16 mai... d’ailleurs, il risque de pas être déçu ce jour-là, et même dès la veille. »

« L'affrontement direct ça va un moment bien sûr. Pourtant, il était important d'en mettre un coup le soir même et les jours suivants, de montrer que tout le monde n'est pas anesthésié par les résultats de cette élection. Hollande a évidemment appelé au calme en disant que poursuivre ce genre d'actions ne ferait que conforter ceux qui veulent plus de sécurité, plus de répression, mais il oublie que c'est déjà le cas ! 53% des français ont voté en parfaite connaissance de cause. Ils ne veulent pas seulement le rétablissement du "travail" (rires) et du "mérite", ils attendent aussi le retour de "l'autorité", de "la morale", du "respect", ainsi que leur champion l'a encore martelé dans son discours inaugural, comme tout au long de sa campagne de 5 ans.»

(cette photo a été prise par Rose, qu'elle en soit remerciée)

Il a raison, je trouve (Edgar hein, pas l'autre). A-t-on déjà oublié qu'au moment des luttes dites anti-CPE, ce n'est pas seulement parce que des millions de gens ont manifesté dans les rues que le gouvernement a fait marche arrière? De cela le pouvoir se contrefout. C'est bien à cause des "débordements", du "désordre", car cela coûte très cher en termes d'image, et d'abord à l'étranger. Mais bien sûr, de là à ce qu'on dise merci aux "casseurs"... Avec ce nouveau président ce sera une autre paire de manches, et il faut s'attendre au pire. Des peines exemplaires ont déjà été prononcées, jusqu'à 4 mois FERME aux dernières nouvelles. Et encore il n'a officiellement qu'un pied dans la place.

(Tunnel, by jeremyspark, deviantart.)

C'est pourquoi il est de toutes façons urgent de penser à d'autres modes d'actions, en liaison avec ce qui se fait déjà. Ed:

« Ne pas oublier que la plupart des personnes qui balancent des trucs sur les flics ne sont pas dans ce qu'il est facile de vite taxer de "nihilisme", elles portent aussi en même temps, tout au long de l'année, des projets plus "constructifs". Nous sommes en effet quelques-uns à penser que l'idée est plutôt de continuer à créer un maximum de "communes", le plus autonomes possibles, des poches de résistance où il sera possible de développer et de consolider sur le long terme. »

Oui, et j'ajouterai pour finir aujourd'hui, que les forces de l'ordre doivent aussi commencer à en avoir un peu marre, malgré tout, d'être constamment poussées au rendement par leur hiérarchie, à faire du chiffre, à "atteindre les objectifs". C'est un aspect qu'il ne faudra pas négliger...

A suivre...

(pour des images de dimanche soir, 6 mai 2007, on peut voir FULLMETALBASTILLE)

28 avr. 2007

Mieux vaut prévenir que guérir comme disait ma grand-mère

Avec un peu de retard, revenons sur l’expulsion (deux ans avec sursis) de la fac de Montpellier de Yacine, étudiant trop volubile, qui a eu le tort de croire que l’université était encore un lieu de libre parole, de débats et d’échanges, de vie quoi, et non une fabrique aveugle de futurs chômeurs et petits cadres du système Sarkozy. Bien entendu, les témoignages sont contradictoires, mais à ce point c’en serait presque comique, n’était la gravité de la chose :

« Le 22 novembre, un autre incident met la fac en émoi. Pendant la pause précédant le cours de biologie, Yacine veut prendre la parole pour avertir d'une AG sur le projet de loi sur la prévention de la délinquance. Le professeur de bio écrit : «J'ai refusé de lui donner le micro et lui ai dit de sortir. Il n'est pas sorti et a pris la parole pour développer des arguments politiques sous les huées des étudiants exaspérés. L'appel aux forces de l'ordre a été indispensable pour maîtriser et expulser l'intrus.»

Une dizaine d'étudiants ont témoigné : «Dans une extrême violence, le professeur a sauté sur Yacine, l'agrippant au cou», écrit Elsa. «Le prof a fait appel aux vigiles qui avec force soulevaient, traînaient l'étudiant qui tentait de se raccrocher aux tables», dit Andrée. «Les vigiles le tenaient par terre quand la police est arrivée», a vu Judith. »

Les luttes anti-CPE ont donc fait bien peur au pouvoir pour qu’il tente désormais de tuer de la sorte tout embryon de contestation dans l’œuf. Oui, bon, c'est vieux comme le monde en fait. Mieux vaut prévenir (intimider, exclure) que guérir (faire charger la police), pas vrai ?

voir:

"A la fac de Montpellier, un bon étudiant est un étudiant muselé"

et un entretien avec un prof de l’université Montpellier-III

photo: boulevard St-Michel, mars 2006.

22 avr. 2007

Je sais pas pourquoi aujourd'hui justement je repensais au film de Fellini...



Fellini rêve de son enfance, du cirque installé sur la place du village, celui qu'il voyait de la fenêtre de sa chambre. Puis il décide de parcourir la France et l'Italie afin d'aller à la rencontre des clowns de son temps et de quelques figures historiques.

L'équipe de tournage prend peu à peu part aux sketches, les entretiens sont de plus en plus délirants. Outre Fellini lui-même, le cadreur, le preneur de son, la script s'impliquent sans compter... avec Annie Fratellini et bien d'autres.

visionner des extraits ici

ah, et la musique de Nino Rota est bien sûr superbe.

4 avr. 2007

Depuis des années...

« Depuis des années, une idéologie postsoixante-huitarde a conduit à tolérer l'intolérable » a déclaré l’ex-ministre de l’Intérieur et candidat de choc de l’UMP pour les prochaines présidentielles au lendemain des affrontements police/usagers à la gare du nord de mardi dernier.

Ce n’est pas la première fois que N. Sarkozy vilipende Mai 68 et ses « enfants gâtés », cette « idéologie » qui « installa partout, dans la politique, dans l'éducation, dans la société, une inversion des valeurs et une pensée unique dont les jeunes sont aujourd'hui les principales victimes.» (Marseille, université d’été UMP, 4/09/2006). A cette occasion, il avait également déclaré aimer les enfants qui « se lèvent tôt le matin » et affirmé que le pape Jean Paul II « était et restera une référence pour la jeunesse du monde.» Dans la foulée, il avait alors reparlé de ses rêves d’une jeunesse respectueuse du drapeau français et de la Marseillaise (un an et demi, donc, avant sa concurrente du PS, mais là n’est pas la question). Et puis : « Aimez la France. Battez-vous pour construire, non pour détruire.» « Haïr la France, c'est se haïr soi-même.» etc., etc.

Or qu’en est-il exactement de cette pensée de Mai, au-delà des clichés ? Nous ne résistons pas à la tentation de citer quelque peu le texte qui, publié un an et demi avant les "évènements" (grève générale, avec nombre d'occupations sauvages, tout de même, de celles qui font très peur aux syndicats) avait largement contribué à la diffusion d’idées qui dérangèrent les milieux politiques, académiques, étudiants et autres. Il s’agit de De la misère en milieu étudiant - considérée sous ses aspects économique, politique, psychologique, sexuel et notamment intellectuel et de quelques moyens pour y remédier. C'est on le sait l'un des textes-clés de l'époque, et en le parcourant n'importe qui peut très vite saisir qu’au fond TOUS les candidats à ces élections ne peuvent qu’être opposés à cette "idéologie", et en bloc. Si seulement ils le (re?)lisaient, le prétendant Sarkozy se sentirait moins seul…

Rappelez-vous, cela commençait par: « Nous pouvons affirmer, sans grand risque de nous tromper, que l’étudiant en France est, après le policier et le prêtre, l’être le plus universellement méprisé.»

Extrait de la deuxième partie :

« Après une longue période de sommeil léthargique et de contre-révolution permanente, s’esquisse, depuis quelques années, une nouvelle période de contestation dont la jeunesse semble être la porteuse. Mais la société du spectacle, dans la représentation qu’elle se fait d’elle-même et de ses ennemis, impose ses catégories idéologiques pour la compréhension du monde et de l’histoire. Elle ramène tout ce qui s’y passe à l’ordre naturel des choses, et enferme les véritables nouveautés qui annoncent son dépassement dans le cadre restreint de son illusoire nouveauté. La révolte de la jeunesse contre le mode de vie qu’on lui impose n’est, en réalité, que le signe avant-coureur d’une subversion plus vaste qui englobera l’ensemble de ceux qui éprouvent de plus en plus l’impossibilité de vivre, le prélude à la prochaine époque révolutionnaire. Seulement l’idéologie dominante et ses organes quotidiens, selon des mécanismes éprouvés d’inversion de la réalité, ne peuvent que réduire ce mouvement historique réel à une pseudo-catégorie socio-naturelle : l’Idée de la Jeunesse (dont il serait dans l’essence d’être révoltée). Ainsi ramène-t-on une nouvelle jeunesse de la révolte à l’éternelle révolte de la jeunesse, renaissant à chaque génération pour s’estomper quand le “le jeune homme est pris par le sérieux de la production et par l’activité en vue des fins concrètes et véritables”. La “révolte des jeunes “a été et est encore l’objet d’une véritable inflation journalistique qui en fait le spectacle d’une “révolte” possible donnée à contempler pour empêcher qu’on la vive, la sphère aberrante - déjà intégrée - nécessaire au fonctionnement du système social ; cette révolte contre la société rassure la société parce qu’elle est censée rester partielle, dans l’apartheid des “problèmes” de la jeunesse -comme il y aurait des problèmes de la femme, ou un problème noir - et ne durer qu’une partie de la vie. En réalité, s’il y a un problème de la “jeunesse” dans la société moderne, c’est que la crise profonde de cette société est ressentie avec le plus d’acuité par la jeunesse. Produit par excellence de cette société moderne, elle est elle-même moderne, soit pour s’y intégrer sans réserves, soit pour la refuser radicalement. Ce qui doit surprendre, ce n’est pas tant que la jeunesse soit révoltée, mais que les “adultes” soient si résignés. Ceci n’a pas une explication mythologique, mais historique : la génération précédente a connu toutes les défaites et consommé tous les mensonges de la période de désagrégation honteuse du mouvement révolutionnaire.

Considérée en elle même, la “Jeunesse” est un mythe publicitaire déjà profondément lié au mode de production capitaliste, comme expression de son dynamisme. Cette illusoire primauté de la jeunesse est devenue possible avec le redémarrage de l’économie, après la Deuxième Guerre mondiale, par suite de l’entrée en masse sur le marché de toute une catégorie de consommateurs plus malléables, un rôle qui assure un brevet d’intégration à la société du spectacle. Mais l’explication dominante du monde se trouve de nouveau en contradiction avec la réalité socio-économique (car en retard sur elle) et c’est justement la jeunesse qui, la première, affirme une irrésistible fureur de vivre et s’insurge spontanément contre l’ennui quotidien et le temps mort que le vieux monde continue à secréter à travers ses différentes modernisations. La fraction révoltée de la jeunesse exprime le pur refus sans la conscience d’une perspective de dépassement, son refus nihiliste. Cette perspective se cherche et se constitue partout dans le monde. Il lui faut atteindre la cohérence de la critique théorique et l’organisation pratique de cette cohérence. »

Le texte complet : ici

1 avr. 2007

Paroles de patrons : yabon le développement durable !

A l'heure où N. Hulot la ramène encore (rassemblement ce dimanche au Trocadéro) avec son pacte et la création d'un poste de vice-Premier ministre chargé du Développement durable, j’ai choisi de vous proposer la (re)lecture de déclarations de quelques grands chefs du capitalisme. Elles sont toutes tirées de:

DEVELOPPEMENT DURABLE : 21 PATRONS S'ENGAGENT
Delaporte Pierre ; Follenfant Teddy ; Paris : Cherche Midi , 2002, 225 p.

Sur le très sérieux site de l'Association Réalités et Relations Internationales – ARRI, j’ai trouvé les précisions suivantes quant à l’ouvrage et je ne peux résister à la tentation de vous remettre ici ce petit texte pince-sans-rire tellement il me semble un sommet d’humour noir involontaire :

« Ethique et entreprises - Lancement du cycle sur le développement durable, animé par Pierre Delaporte, au siège de la Société Bouygues

Cet ouvrage, co-signé par vingt et un grands chefs d'entreprise, a été réalisé par Teddy Follenfant, conseiller en environnement, et Pierre Delaporte, président d'Espaces pour demain, dans la perspective du sommet de Johannesburg. Pourquoi 21 ? C’est le 21 e siècle, c’est l'Agenda 21 élaboré à Rio pour préparer Johannesburg …

Nombreux étaient les chefs d'entreprise présents en Afrique du Sud pour la présentation de cette publication, présentation qui eut lieu en présence de Jacques Chirac et de Kofi Annan. L'ouvrage se vend très bien (merci à Claire Chazal qui en fait la publicité, à la Fnac et au Furet du Nord) le nombre des tirés à part atteint un niveau extravagant … Total en aurait commandé 92.000. Parmi les 21 auteurs certains ont pris la parole, notamment Gérard Mestrallet, Daniel Lebègue, Jean-Paul Bailly. »


Culture de la canne à sucre, Antilles anglaises, 1840

[c’est moi qui souligne, en majuscules]

  • « La prise en compte des impératifs d’ordre sociétal n’est pas une fantaisie, un phénomène de mode ou une sensibilité personnelle du président. C’est une façon de SERVIR LES INTERETS A LONG TERME DE L’ENTREPRISE » (Suez)
  • « Ce n’est pas de la philanthropie : il s’agit de trouver une nouvelle manière d’appréhender chaque aspect de nos activités, dans un double but, aussi bien social que commercial. Ce qui, à terme, sera POSITIF POUR NOS ACTIVITES » (Accor)
  • « L’obsession du profit et du cours de l’action ne créent pas de valeur ajoutée, tandis que les entreprises qui se consacrent sérieusement à leur métier connaissent une progression normale (...) Il n’est PAS POSSIBLE DE FAIRE DU PROFIT SANS développement durable » (Colas)
  • « Dans la mise en oeuvre du développement durable, nous voyons un facteur D’AMELIORATION DES PERFORMANCES » (Totalfinaelf)
  • « Trouver le juste équilibre pour bien rémunérer les collaborateurs et les actionnaires, tout en préparant LES BENEFICES A VENIR » (Accor)
  • « Le fait d’être une entreprise qui se comporte bien est un ATOUT » (Lafarge)
  • « Nous avons presque UN AVANTAGE DE MARCHE à jouer la carte du développement durable » (LVMH)
  • « Notre engagement sur les chemins du développement durable engendrera des opportunités qui BENEFICIERONT A NOS ACTIONNAIRES auxquels nous devons assurer une rentabilité attractive » (Totalfinaelf)
  • « Ces normes nous coûtent de l’argent, mais cela est un « PLUS » pour notre image » (Ciments Français)

Alluvions auriferes - Congo belge 1908
  • « Les accidents du travail coûtent très cher aux établissements. Quand on les réduit à zéro, cela représente non seulement un progrès social et humain considérable, mais aussi UNE ECONOMIE » (Colas)
  • « On a considéré dans le groupe que les accidents de chantier n’étaient PLUS admissibles et qu’il n’y avait pas de fatalité en la matière » (Colas)
  • « Outil de management interne TRES UTILE (...) Cette notion de développement durable peut nous aider à aborder le thème de la conflictualité (...) faire passer (...) d’une culture de conflit à une culture du COMPROMIS » (SNCF)
  • « Il faut que l’on crée des conditions pour que notre personnel soit motivé » (Arcelor)
  • « L’important était que chacun s’approprie ces messages. Le développement durable est une composante à part entière de notre culture d’entreprise (...) Il n’y a PAS BESOIN D'UN TRES GROS EFFORT de sensibilisation pour qu’il y ait un bon niveau d’adhésion » (Totalfinaelf)
  • « Pouvoir améliorer la qualité de vie des plus démunis tout en favorisant l’émergence de NOUVEAUX MARCHES » (Suez, Evian).
  • « MAINTENANT, on arrive à fournir une aide MINIMALE qui permet à ces populations de SURVIVRE mais si ce partage reste aussi limité dans le temps, nous ne pourrons empêcher les flux de migration vers nos pays, ET L’EXPLOSION SERA FATALE » (ADP)
  • « Une entreprise ne peut pas être un îlot de prospérité dans un océan de pauvreté. Sinon les tensions qui se créent génèrent des LUTTES DESTRUCTRICES » (GDF)

Esclaves employés à l'extraction des diamants,
Minas Gerais, Brésil, 1812.

  • « L’enjeu consiste donc à DEVELOPPER LA DEMANDE au travers de la satisfaction de réflexes « plaisir » et, pourquoi pas ? de réflexes BONNE CONSCIENCE » (Monoprix)
  • « Il faut redoubler de vigilance et faire face à ses responsabilités pour conserver le capital de confiance acquis » (Accor)
  • « Il faut arrêter de diaboliser l’association marketing et développement durable (...) mettre le marketing au service d’une « marque éthique ». Les outils efficaces du marketing et de la communication doivent être mis au service de la « vulgarisation » d’un concept encore trop souvent méconnu (...) Donner envie, c’est pour moi la clé de la réussite indispensable au déploiement de ce formidable projet d’avenir » (Monoprix)
  • « Les fonds éthiques ont tous probablement à la fois une vision marchande (parce que c’est aussi un fonds de commerce qu’ils développent) et une vision éthique. [...] » (Arcelor)

  • « Il n’y a qu’une planète, dont nous sommes tous collectivement responsables » (Areva)
  • « Le développement durable repose sur une prise de conscience que nous sommes sur la même planète, avec des problèmes qui nous concernent tous » (Ciments Français)
  • « Il nous RESTE SIMPLEMENT à mettre ces bienfaits techniques au service de la planète » (Air France)

  • « Le développement durable, c’est ce qui nous permet de faire notre métier SANS AVOIR MAUVAISE CONSCIENCE par rapport à l’avenir de l’humanité et des générations futures » (Lafarge)
  • « La mondialisation CHANGERAIT ainsi de nature et de dimension. Au fond, elle se RAPPROCHERAIT des hommes, de leur vie, de leurs préoccupations » (LVMH).
  • « On DEVRAIT accompagner ces implantations (les délocalisations) d’efforts d’éducation, de formation et d’exigence sur le plan du comportement social de ces pays » (Publicis)
  • « Assurer, partout dans le monde, des niveaux de salaire très compétitifs à nos employés et les conditions de travail les plus agréables POSSIBLES, c’est sans doute une façon de contribuer au progrès » (L’Oréal).


Un appel aux armes à Tananarive, Madagascar 1895
  • « Ne pas prendre en compte les impératifs de développement durable, c’est s’exposer à des CRISES SOCIALES et environnementales graves » (Suez).
  • « L’islamisme radical n’est au fond que la traduction de la désespérance d’un certain nombre de citoyens du monde (...) L’inégalité du développement est à mon avis un sujet trop peu pris en compte DANS LE PASSE » (EDF).
  • « Le développement durable qui pour moi , avec la liberté, est une des rares causes qui méritent une campagne mondiale, un effort de tous et de chacun (...) Je pense sincèrement qu’il s’agit de la plus belle cause que l’on puisse défendre » (Publicis)
  • « Après un CERTAIN NOMBRE de comportements anarchiques, les industriels se sont trouvés les premiers à être dans l’oeil du cyclone d’une prise de conscience collective » (Ciments français)
  • « Arrêtons de parler service public versus libéralisation ! » (EDF)
  • « Dans un monde où les changements s’accélèrent, ou la pression sur les résultats s’accentue, les entreprises ont besoin pour durer de références communes fortes » (Danone).
[Industriels de tous les pays, unissez-vous !]

  • « Pour nous le développement durable fait partie de l’âme de l’entreprise »(Arcelor)
  • « Ce n’est pas par hasard que ce concept émerge à notre époque. Il correspond à nos préoccupations actuelles (...) Il s’agit de réconcilier l’homme avec la planète » (Colas)
[Ou de le réconcilier avec le capitalisme ?]

  • « En 1995, on a demandé aux chefs d’entreprise si une société pouvait être citoyenne, et la réponse a été unanime : non ! ...Maintenant, posez la même question, et vous aurez 98 % de réponses positives » (Monoprix)



William Anastasi: Raw

Quand le capitalisme, dans sa folie, cherche à repousser encore un peu l’échéance et à faire ses derniers profits, avant liquidation.

[...]

Développement durable? Destruction programmée de la planète.

DE CES NOTES PRISES DANS LES MARGES DES LIVRES ET D'AUTRES CHOSES ENCORE...