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1 avr. 2008

Ce projet de société n'est pas le nôtre

Ça n'est malheureusement pas du tout un poisson d'avril :



lire le texte sur le site du Gisti : la xénophobie d’État tue

26 déc. 2007

salauds de pauvres, l'éternel retour

Fallait y penser. En fait non, ça avait déjà été pensé. Suffisait de glisser d'une rubrique à l'autre. Hier sur RFI, Christine Boutin en visite dans un centre d'hébergement d'urgence (le jour de Noël, rendez vous compte, c'est pas beau ça, c'est pas bien chrétien?), se lamentait: après avoir reconnu que l'on manquait de logements "sociaux" en France et que les places en hébergements d'urgence ne suffisaient pas, elle en est venue à dire que de toute façon, MEME SI le gouvernement (sous-entendu par miracle) parvenait à trouver une place pour tout le monde, eh bien c'est sûr qu'il y aurait des gens, comme c'est le cas aujourd'hui, les ingrats, qui refuseraient de se faire mettre au chaud! Trois fois en moins d'une minute, elle l'a répété. Donc c'est comme pour le chômage en fait. C'est pas tellement que les boulots manquent, c'est que les gens veulent pas travailler. Vous voyez le truc. A quoi ça sert qu'on se décarcasse? A quoi ça sert qu'on double, qu'on triple, les capacités d'accueil? A quoi ça sert le "plan grand froid" tant qu'on y est. Et pourquoi que certains SDF veulent pas aller dans ces centres et préfèrent se démerder à l'avenant? Elle se l'est demandé, la ministre? Elle ferait bien, ça lui rabattrait le caquet. Bon, rien de bien nouveau en réalité, tous les hivers c'est la même chose. Mais cette idée du "SDF qui veut pas se loger" qu'on nous balance année après année, plutôt insidieusement d'habitude, assénée cette fois sans vergogne, pourrait bien finir par faire son nid. Et ça c'est inadmissible.

cliché: un clochard à Paris en 1898, par Eugène Atget

5 nov. 2007

25 oct. 2007

de la suite dans les idées?



Ça y ressemble en tous cas. Notre ministre du logement nous avait déjà fait sourire il y a quelques temps dans une Mare aux Canards intitulée « Les amusements de Matignon »
: « Premier séminaire du gouvernement Fillon le 10 juillet, à Matignon. Deux sujets sont à l'ordre du jour avant le déjeuner : les banlieues et l'emploi. » Quelques blagues et lapsus en amuse-gueules, puis du solide, attention ( Le Canard enchaîné du mercredi 18 juillet 2007) :




Et voilà que maintenant elle annonce qu'elle est prête à passer à l'acte:

Logement: Christine Boutin "n'exclut pas la possibilité" de réquisition

La ministre du Logement Christine Boutin "n'exclut pas la possibilité de réquisitionner certains immeubles" dans le cadre de la préparation du plan hiver, a-t-elle déclaré mercredi à l'AFP.

"En ce qui concerne la préparation du plan hiver, je n'exclus pas la possibilité de réquisition de certains immeubles cet hiver, si nous n'arrivons pas à répondre à la demande", a indiqué Christine Boutin qui a visité, dans la matinée, le centre du 115 géré par le Samu social à Ivry (Val-de-Marne).

"La loi (ndlr: de réquisition) existe, elle a été rarement appliquée, elle n'est pas obligatoirement d'une efficacité à 100% mais, compte tenu de la gravité de la situation, et de facon exceptionnelle, je n'exclus pas la possibilité d'user de ce droit de réquisition dans les zones tendues".

Ce droit de réquisition, a précisé la ministre, pourrait s'exercer "sur des institutionnels, des immeubles qui appartiennent à des compagnies d'assurances et qui ne sont pas utilisés, etc.".

Mme Boutin doit présider jeudi matin, avec les préfets d'Ile-de-France, la réunion annuelle pour préparer le plan "grand froid", plan d'urgence hivernale.

20Minutes.fr avec AFP, éditions du 17/10/2007


Dans une autre dépêche, il est précisé que "
ce droit de réquisition pourrait s’exercer sur des immeubles qui appartiennent à l’Etat ou à des sociétés privées et qui ne sont pas utilisés".


Chiche! "tout" deviendrait-il vraiment "possible" avec ces clowns?


Demandez aux Macaq (dont c'est déjà la deuxième - officielle du moins - tentative avortée d'occupation de locaux vides pour les transformer en résidences universitaires):
Expulsion cinema. Demandez rue de la Banque, où ça s'éternise: 5h01 5oct 07; 5h40 5oct 07; 23h 5oct 07. Même le blog du ministère a été réactivé pour l'occasion. Je le redis : bon d'accord Jeudi Noir sont des bouffons, d'accord A. Legrand, son sourire et son anorak rouge même floutés ça fait tache, quant au DAL... mais quand même... Et encore, tout cela ce sont les vitrines, et quand c'est des actions moins exposées, quand les carnets d'adresses sont moins bien fournis... ?

Demandez près de chez vous, c'est forcément arrivé près de chez vous, ou alors ça ne saurait tarder...

17 sept. 2007

Le PCF n'a rien compris au rock’n’roll


(de nos envoyés spéciaux)

Aliz et Edgar à la fête de l’Huma. Des invits de dernière minute. Pour se faire dédicacer un T-shirt du Che par sa fille, présente cette année, pour participer à une table ronde sur le «rassemblement de la gauche» ? Allons… Pour assister au concert d’IGGY & THE STOOGES, pardi !

Chemin faisant, Ed nous raconte mille et une anecdotes sur le groupe, il est intarissable. Ça fait plus de 20 ans qu’il écoute leur musique, il a déjà vu Iggy en solo à Berlin, à Buenos Aires, « mais les Stooges live, vous vous rendez compte ? », etc., etc. En attendant la navette, il nous lit aussi des extraits d’un bouquin qu'il trimbale avec lui : Enseignement de la révolution espagnole (Vernon Richards, 10/18), chapitre Les communistes avant-garde de la contre-révolution

Une fois sur place, on s’approche le plus possible (des arrêts dans différentes buvettes nous ayant quelque peu retardé), pour se retrouver sur la droite de la scène, assez près quand même, juste en face d’une des tours d’enceintes. A 22h pile (c’est retransmis à la radio), c’est parti.

Alors qu’on se hausse sur la pointe des pieds pour s’y retrouver un peu et tenter d’apercevoir au mieux l’Iguane et ses potes, au bout de deux minutes il faut se rendre à l’évidence : le son est faiblard ! Incroyable ! C'est pas qu'il faille tendre l’oreille, mais presque ! Un comble, vraiment. Et que doivent capter celles et ceux qui sont bien plus loin derrière, une foule impressionnante ?

Ce volume ridiculement faible est indigne de cette formidable machine à rocker que sont les frères Asheton, admirablement épaulés par Mike Watts (Minutemen, Firehose, etc.) à la basse, rejoints au bout de quelques titres par le saxophoniste Steven Mac Kaye, oui, celui qui joue sur Fun House.

Merde, c’est pas les flonflons à Renaud là ! Il fallait foutre le feu au niveau du son, c’était la moindre des choses pour des musiciens de cette trempe, pour ces précurseurs inégalés du punk-rock-free-metal-rentre-dedans. Désolant, d’autant plus que le groupe est en grande forme et qu’Iggy n’a pas failli pas à sa réputation de frontman hors-pair, drôle et survolté, chantant ses classiques (Dirt, I wanna be your dog, T.V. eye, 1969, etc.) comme au premier jour (tellement que derrière nous une fille a fait une crise d’épilepsie - véridique !), descendant plusieurs fois dans la fosse puis n'hésitant pas, comme à son habitude, à faire monter le public sur scène (COME ON!), au grand dam du service d'ordre qui ne savait plus où donner de la tête.

Alors le résultat est mitigé : oui, on les a vus, oui, ils étaient au top, c’est sûr ça fait du bien de les voir comme ça, mais on ne les a malheureusement pas entendus comme ils méritaient qu’on les entende : A DONF ! Non, décidemment, le PCF n’a rien compris au rock’n’roll !


Quelques photos du concert ici. (dommage, on n'y voit pas "Rock Action" et son frangin)

Le texte complet de Vernon Richards, avec le chapitre XI en question

et V. R. photographe, biographie.

16 sept. 2007

Et maintenant c'est des tests ADN.

Rassemblement ce mardi à 18 heures devant l'Assemblée nationale contre le nouveau projet de loi - encore un ! - relatif à « la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile » qui sera soumis à discussion.




ÇA SUFFIT !


Adopté mercredi dernier par la commission des lois de l'Ass.Nat., un nouvel amendement restreindrait encore davantage le droit des étrangers, et notamment le droit au regroupement familial, par la proposition d'instaurer des tests ADN pour s’assurer de la filiation des enfants qui auraient la folle prétention de vouloir rejoindre leurs parents en France.

Bien entendu, les acolytes de Sarkozy (en l'occurrence le député UMP Thierry Mariani) soulignent pour leur défense que ces tests ne seraient pas obligatoires. Or il n'est pas difficile d'imaginer que les candidats qui ne se soumettraient pas au test (entre 150 et 1000 euros selon les pays, à leurs frais) verraient leurs demandes systématiquement rejetées. Le regroupement familial est déjà très très encadré et pouvoir faire venir sa famille est de plus en plus un parcours du combattant, c'est rien de le dire, à l'heure où le traitement
«au cas par cas» est devenu la règle et où la loi, quoi qu'on en pense, n'est définitivement pas la même pour tous.

De toutes les manières,
«volontaire» ou obligatoire, la question n'est pas là. C'est l'idée même de tests ADN pour prouver sa paternité et avoir le droit de vivre avec ses enfants qui est insupportable. Ainsi que le rappelle le communiqué Une famille, ce n’est pas le résultat de tests ADN sur hsn-info (lu via L'En Dehors):

« La France interdit, en effet, hors décision de justice ou besoins médicaux, de procéder à de tels tests tout simplement parce qu’elle considère, à juste titre, que la définition de la famille ne se borne pas au lien biologique.

Réduire la filiation au seul lien biologique, c’est non seulement appliquer un traitement discriminatoire aux étrangers mais c’est aussi nier qu’une famille, ce sont des liens d’une autre nature que ceux du sang.

En décidant d’imposer un tel test aux étrangers, le législateur français nie l’histoire personnelle de chacun.

C’est l’humanité d’hommes, de femmes et d’enfants qui est déniée en la réduisant à une chaîne de molécules.»

« Aucun sujet ne doit être tabou » a pour sa part déclaré Hortefeux. Ben voyons, à force d'être « décomplexé », ce pays s'achemine tout bonnement vers le totalitarisme. En effet, il ne s'agit plus pour ces tristes sires de soi-disant lutter contre une immigration qui serait « subie », afin de récupérer les électeurs déboussolés. Non. Enfin, plus seulement. Un pas supplémentaire, très idéologique, dans la volonté d'humiliation et de négation de l'autre (l'étranger, le pauvre, le différent) en tant qu'individu, en tant qu'être humain, vient d'être franchi.

Doit-on s'étonner? Pas vraiment, si l'on se rappelle les propos du candidat Sarkozy, en mars 2007, sur « la part de l’inné » qui serait selon lui « immense »
(pédophiles de naissance, suicidaires génétiques), ou encore son projet de loi sur la prévention de la délinquance (2006), qui voulait instituer chez les tout jeunes gamins un dépistage précoce des « troubles de comportement ».

Et maintenant, il faudrait se soumettre à un test ADN pour obtenir un visa? Nous ne pouvons laisser faire.

voir également l'appel du GISTI

7 sept. 2007

bulldozer vs. solidarité

Nous avons eu davantage de précisions sur la destruction de la Picharlerie. Destruction du site, pas du collectif hein. Mais quand même, un coup dur, qui s'inscrit dans une politique générale de mise aux "normes" des moindres recoins du territoire, qu'il s'agit de rentabiliser. Des opérations coups de poings légales bien entendu, à défaut d'être justes. Sur le site du collectif, un très bon texte de présentation fait le point sur la situation, après avoir replacé les Cévennes dans le contexte historique (désertification des provinces, puis au contraire "exode urbain" depuis quelques années). Ce texte est aussi un appel à poursuivre les luttes et à les fédérer.

Hier matin c'était l'arrachages des tentes et l'embarquement des affaires de 112 personnes, dont des femmes et des enfants, à Aubervilliers. A la matraque, sur demande de la mairie (PC),
pour "trouble à l'ordre public". Les personnes, sans-logis, n'ont évidemment pas où aller. Alors, pour le moment, elles restent sur place.

A noter également, un autre foyer en colère, rue des Amandiers, Paris 20ème. L'ADEF n'est pas l'Adoma-Sonacotra, mais dans le genre ça a l'air pas mal non plus...

Y en a marre!!

un jeu d'enfant


Glanée je sais plus où, cette pub vintage. Pour quelques dollars, de quoi amuser ces chères têtes blondes. "Rockets that fire", "firing torpedoes". Dans d'autres contrées, des gamins participent à de vraies guerres, eux. Des gamines, aussi. Et pourquoi ça ?

26 août 2007

il nous en reste combien?



Des mines anti-personnel?

Combien exactement? va savoir, Secret Défense.

Si l'on suppose que l'Hexagone a appliqué la loi n° 98-564 du 8 juillet 1998, « tendant à l'élimination des mines antipersonnel », une note précise que « La totalité des mines antipersonnel réelles encore détenues en stock par les armées sera détruite avant la fin de l'année 1999, à l'exception du stock de 5000 mines autorisé par la loi. »

Ah bon, si c'est autorisé par la loi...

voir la CONVENTION SUR L'INTERDICTION DE L'EMPLOI, DU STOCKAGE, DE LA PRODUCTION ET DU TRANSFERT DES MINES ANTIPERSONNEL ET SUR LEUR DESTRUCTION
rapport août 1999.

22 juin 2007

NON

Dans la continuité de divers billets ci-dessous, je signale, une fois n'est pas coutume, la mise en ligne d'une pétition: NON AU MINISTERE DE L’IMMIGRATION ET DE L’IDENTITE NATIONALE, à l'initiative des huit chercheurs démissionnaires de la Cité Nationale de l'Histoire de l'Immigration (CNHI). Toutes les infos sur le site.

21 juin 2007

"ensemble nous vaincrons"

Puisqu'un dessin vaut souvent mieux que de longs discours, j'y reviens. L'idée de ce nouveau ministère de l'immigration etc. m'est décidemment par trop insupportable. Mais "ils" ne l'emporteront pas en paradis, comme on dit...



- pas comme ça















- mais comme ça!






Der Ararat n°1, revue apparentée DADA, Munich 1918

A lire également:
  • sur HNS-info: Suicides en centres et locaux de rétention administrative, véritables tragédies du « chiffre » et de la déshumanisation

19 juin 2007

Salon de la destruction

Dimanche après-midi, à Bagnolet, on se disait "mais c'est quoi tous ces hélicoptères?". Dans le coin ça brasse déjà pas mal dans les airs en temps normal mais là... Bon sang mais c'est bien sûr! Le Bourget! Le salon des machines de guerre qui volent. Oui, bien sûr, oui il y a aussi du civil. Qui n'en est pas moins néfaste pour la planète et les populations. Ainsi on pourra y suivre les derniers épisodes du duel-feuilleton Boeing-Airbus-je te tiens-tu me tiens-par la barbichette. De l'avis de tous les commentateurs assermentés, aviation civile ou militaire, cette année s'annonce en tous cas comme "un grand cru". Des milliards d'euros de retombées. Serge Dassault se félicitait aujourd'hui sur RFI de ses ventes passées et de celles à venir, en expliquant son succès par la qualité de ses produits, sans bien entendu indiquer que c'était aussi et surtout grâce à la permanence et même la recrudescence des guerres (je me refuse à parler de "conflits" ou de "crises") un peu partout autour du globe.

"L’armée de l’air participe activement au salon du Bourget 2007" peut-on lire sur le site du Ministère de la Défense (là c'est pareil, il y a déjà un moment qu'on ne dit plus Ministère de la Guerre, ni même des Armées, vous vous souvenez?). Activement? C'est le contraire qui serait étonnant. En attendant Euronaval ou Eurosatory, grand-messes "seulement" biennales des technologies de la mort, on pourra donc patienter en allant attraper un torticoli à mater les démonstrations spectaculaires des Rafales (Dassault - photo 1) et Eurocopter (EADS - photo 2), et autres Mig, F16 et F18.

Les affaires sont les affaires. Le très prudent Monde rappelait encore aujourd'hui que "depuis 2005, le total des dépenses militaires annuelles de la planète a de nouveau franchi les 1 000 milliards de dollars (1 204 milliards en 2006), retrouvant le niveau atteint au plus fort de la tension Est-Ouest, une période qui fut celle de l'âge d'or des régimes de contrôle des armements". Différents instituts de recherche "soulignent l'évolution alarmante que connaît la planète, qui, en 2006, a consacré plus de 2,5 % de son produit intérieur brut (PIB), soit 184 dollars par habitant (135 dollars en 2001), à des dépenses militaires. Celles-ci ont progressé de quelque 37 % depuis dix ans". Et, bien entendu, "les pays riches sont les principaux responsables de cette militarisation croissante : sur les 1 118 milliards de dollars déboursés en 2005, 707 milliards proviennent des membres du G8. Même si la comparaison a ses limites, le montant de l'aide globale au développement (106,8 milliards de dollars en 2005) souligne le caractère incantatoire des discours sur la solidarité internationale." Ben oui. Et ça rapporte combien, docteur?

Fillon a déjà fait le pitre au salon et Sarkozy y est attendu ce samedi, avec anxiété semble-t-il. Eh oui, car si MAM, avant de partir, a bien tout fait pour charger à bloc la loi de programmation militaire jusqu'à 2009 (le deuxième porte-avions etc.), il s'agit maintenant de préparer la prochaine, celle de 2009-2014. Alors les professionnels de la destruction sont nerveux et oscillent dans leur discours entre larmes, menaces et cocoricos: "Ce sera la première rencontre de Nicolas Sarkozy avec notre industrie (...), nous ferons part de nos problèmes aux plus hautes autorités de l'Etat" a déclaré le président du GIFAS (groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) Charles Edelstenne, en évoquant les "défis" du secteur, "la compétitivité et l'environnement pour lequel l'industrie accentue ses efforts de réduction des émissions de CO2 et de nuisances sonores". Ahah! Après les voitures vertes, les avions de l'espoir. Mais: "L'euro fort détruit nos marges, pour être compétitifs nous devons soit encore réduire ces marges soit délocaliser", a ajouté M. Edelstenne, par ailleurs PDG de Dassault Aviation. "Pour relever ces défis, l'Etat doit être à nos côtés, faire le choix stratégique de soutenir une industrie indispensable à l'économie de la France", a-t-il ajouté.

Oui, surtout que, on le sait, au rythme où vont les choses, le nombre d'avions en service devrait doubler d'ici à 2026 (trafic de passagers et de fret en croissance exponentielle constante de 5% par an en moyenne)... Les massacres lucratifs ET les émissions massives de CO2. Un bien beau salon! L'avion, civil ou militaire, vert écolo-propre ou gris camouflage, c'est carton plein! Ah, et puis il y a les hélicos, gros gros consommateurs-pollueurs, et puis...

Pour finir, rappelons juste pour l'anecdote - mais qui en dit long - que Mitterrand fraîchement élu avait pris grand soin en inaugurant en 81 ce même salon du Bourget de ne poser à côté d'aucun appareil militaire ou apparenté (ou alors à la limite en les repeignant de blanc et en les délestant de tout missile), afin de ne pas envoyer au "peuple de gauche" en plein élan une image qui aurait pu sembler trop hard, trop décalée. Ce qui n'a pas empêché la France de très bien se maintenir dans le peloton de tête des vendeurs d'armes de par le monde...


Sur le volet civil, concernant aviation et environnement, voici quelques liens fort documentés (et d'autant plus inquiétants!!):
  • Le rapport spécial du GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat), L'AVIATION ET L'ATMOSPHÈRE PLANÉTAIRE
  • Les actes du colloque de l'ADEME, "Quelles perspectives de réduction des émissions de CO2 dans le secteur des transports (route et aviation)" (septembre 2005)
(merci Aliz)

10 juin 2007

confidences

29 mai 2007

spéciale dédicace

En ces temps où Mai est censé passer à la trappe, quelques reproductions d'affiches de L'Atelier Populaire...

...

...

Zéro nostalgie hein, j'étais même pas née. Zéro mythe, passé glorieux, etc., non plus, juste une envie de ressortir ces images parlantes au possible, et toujours d'actualité...

Pour un bon échantillon, voir ici.


Il y a deux ans, ces images avaient été récupérées sans vergogne par la grande distribution. Pour plus d'infos sur la question, c'est ici ou encore .

Enfin, un beau détournement de détournement:


27 mai 2007

A propos de la statue, cette fois

Paris, entre Place de Clichy et Blanche.

Dégoûté. Voilà ce que je trouve (et encore je vous assure que c'est mieux en photo qu'en vrai):

Aujourd'hui même.

Des imbéciles, qui s’autoproclament précaires, le dernier adjectif à la mode, ont monté une cabine en verre sur le socle de la statue disparue de Fourier, pour le plus grand divertissement des badauds et des touristes. Il s'agit d'un collectif (fallait-il qu'ils se mettent à plusieurs? On n'ose imaginer ce que chaque individu pris séparément pourrait nous sortir en fait de concept génial), qui prétend « cultiver le paysage ». Bonjour. Voir leur communiqué de presse.

C'est bien le socle d'origine.

Quelles que soient les intentions déclarées (« Nous honorons une nouvelle fois le socle de Charles Fourier », « Mais ici, point d’hommage au grand homme »), cette installation, qui aurait pu être sponsorisée par France Télécom, est du plus mauvais effet. Pourquoi pas un abribus panoramique tant qu'ils y étaient? Même en admettant que ces types à l’imagination en berne aient réellement installé ce truc à l’insu des autorités, comme on dit, le fait même qu’il n’ait pas été immédiatement démonté par ces mêmes autorités, suffit à prouver à quel point ce genre d’initiative va dans le sens du poil de la médiocrité de l’aménagement urbain (et "culturel"). D'une tristesse. D’ailleurs la Ville de Paris va le leur mettre aux normes, à ces pauvres chéris :

« MERCI DE NE PAS MONTER
Esthétique et sécurité ne sont pas toujours compatibles,
dans l’attente d’une mise aux normes prochaines de l’escalier,
merci de ne pas monter. »


Ils auraient pu traduire en japonais ou en italien, pour nos amis de passage…

Cette idée de représenter la disparition, de souligner le vide par un volume en verre est d’une telle banalité, a un tel air de déjà vu, qu’on se demande comment un quelconque sous-fifre de la Direction des Affaires culturelles, de celle des Parcs et Jardins, que sais-je encore, ne l’a pas eu avant eux (mais peut-être ce fonctionnaire éclairé est-il en réalité le chef de la bande). Décidemment rien n’aura été épargné à Fourier. Cette bouffonnerie au rabais qui bien entendu – ça ne mange pas de pain – se veut subversive (la référence obligée aux situs) sera-t-elle la dernière péripétie de l’histoire de ce site ? Retour en arrière:

C’est en juin 1899, difficilement financée par le fouriérisme officiel finissant et divisé, qu’est érigée la statue.

Une quarantaine d'années plus tard, au début de l’Occupation, elle est enlevée par les nazis qui récupèrent le bronze pour le fondre en munitions. Fourier est "sacrifié" parmi les premiers. Plus de statue sur le Boulevard de Clichy, donc, mais le socle reste.


En 1969, nouvel épisode, ainsi relaté dans la revue de l’I.S :

Le retour de Charles Fourier

« Le lundi 10 mars 1969, à 19 heures, au moment même donc où commençait une « grève générale » divertissement soigneusement limitée à vingt-quatre heures par l’ensemble des bureaucraties syndicales, la statue de Charles Fourier était remise, place Clichy, sur son socle, resté vide depuis que les nazis en avaient enlevé sa première version. Une plaque gravée à la base de la statue en disait l’origine : « En hommage à Charles Fourier, les barricadiers de la rue Gay-Lussac ». Jamais encore la technique du détournement n’avait touché un tel domaine.

Le travail de mise en place fut effectué à un moment où la place Clichy est très fréquentée, et devant plus d’une centaine de témoins, dont beaucoup s’attroupèrent, mais dont personne, même en lisant la plaque, ne s’étonna (on s’étonne peu en France, après avoir vu mai 1968). La statue, réplique exacte de la précédente, était en plâtre, mais finement bronzée. À vue d’œil, on la croyait vraie. Elle pesait quand même plus de cent kilos. La police s’avisa peu après de sa présence, et laissa une garde autour d’elle durant toute la journée du lendemain. Elle fut enlevée à l’aube du surlendemain par les services techniques de la Préfecture.

Un commando d’une vingtaine « d’inconnus », comme disait Le Monde du 13 mars, avait suffi à couvrir toute l’opération, qui dura un quart d’heure. D’après un témoin, cité par France-Soir du 13, « huit jeunes gens d’une vingtaine d’années sont venus le déposer à l’aide de madriers. Une jolie performance si l’on sait qu’il n’a pas fallu moins de trente gardiens de la paix et une grue pour remettre, le lendemain, le socle à nu. » Et L’Aurore, pour une fois véridique, faisait remarquer que la chose était notable car « les enragés ne rendent pas tant d’hommages ». »
Internationale situationniste, Revue de la section française de l’I.S., Numéro 12, Septembre 1969

(à noter que sur cette prise on voit encore en fond le célèbre Gaumont Palace,
détruit en 1972 pour laisser place à un complexe hôtelier particulièrement répugnant...)

A suivre ?

(si l'on y tient vraiment, on peut voir d'autres images récentes ici)

Fourier, suite

Je poursuis.


Stendhal, qui s’y connaissait en matière de reconnaissance tardive, a dit du penseur, qu’il admirait : « On ne lui accordera que dans vingt années son rang de rêveur sublime » (Mémoires d'un touriste, 1838). De fait, on l’a vu, il aura attendu bien plus longtemps ! Aucun hasard là-dedans, mais bien plutôt un escamotage programmé : par son disciple et principal exécuteur testamentaire tout d’abord, Victor Considérant, qui dans les éditions posthumes fera scrupuleusement le tri, en supprimant notamment tous les passages sur l’amour libre, ce que ne manqueront pas de faire à sa suite les membres de l’Ecole sociétaire, qui garderont pendant longtemps la mainmise sur ses écrits. Il suffira qu’un peu de malchance vienne couronner le tout, avec des manuscrits disparus, des cahiers rongés par les souris, etc. Dans son excellente Vie de Charles Fourier (Denoël/Gonthier, Paris, 1978), Emile Lehouck écrit :

« Son anticonformisme n’allait pas seulement à l’encontre de la morale, il niait également les valeurs de la science moderne : la notion de progrès et les grands principes de la recherche positiviste. Alors que la civilisation bourgeoise affûtait ses armes pour se lancer dans son programme de conquête de la nature, Fourier, fidèle à la tradition ésotérique, concevait la science comme une étude des rapports visibles ou secrets de l’homme avec cette même nature, rapports considérés en termes d’union et non de conflit. Cette vision d’un monde réconcilié, si contraire à notre obsession des prouesses techniques, a été appelée utopie et tournée en ridicule. Cependant aujourd’hui que le formidable déploiement scientifique ne nous offre plus comme perspective d’avenir que l’holocauste atomique, l’empoisonnement de la planète ou encore la famine généralisée, on commence à comprendre que l’esclavage auquel l’homme prétendait soumettre la nature signifiait en définitive son propre esclavage. Marcuse corrige Marx et on en revient à Fourier. »

Il y a pas mal d’endroits sur le net où l’on parle de Fourier. En bouquins, outre l’essai biographique de Lehouck et la synthèse aux PUF déjà cités, je recommande Charles Fourier : vers la liberté en amour, Gallimard, coll. Idées, 1975, avec une très bonne présentation de Daniel Guérin. A dénicher en occase car épuisé et non réédité, il me semble.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Je m’en vais faire un tour du côté de la Place de Clichy prendre quelques photos du socle de la statue disparue de Fourier dont je raconterai l’histoire (connue, mais quand même, pas tant que ça) la prochaine fois…

26 mai 2007

la girafe: le retour, donc

L'autre jour je me demandais si ma bibliothèque ne commençait pas un peu à se mordre la queue (voir photo plus bas), ce qui est toujours ce qui peut arriver de pire à une bibliothèque, qui se doit bien plutôt d'être un labyrinthe où se perdre, sans en rester prisonnier, ou alors en connaissance de cause, en acceptant d'entrée les risques que cela comporte... Le mieux étant peut-être de ne pas en avoir, ou de tout laisser dans des cartons au fond d'une cave... Bref, je m'en approche donc et sors quelques bouquins au hasard, enfin presque, et voilà qu'en refeuilletant Fourier, je tombe sur notre amie la girafe, dont il a déjà été question ici:



Fourier, PUF, 1969.

Bien sûr, il faudrait écrire une présentation du passage, s’interroger sur le Dieu de Fourier, par exemple, dire qu’il est tout de même assez particulier. Pour le moment, on peut déjà dire que ce n'est certes pas le Dieu de l'abstinence, de la faute, du péché. Pour le Bisontin (il est né à Besançon en 1772, mort à Paris en 1837), sacré et érotisme sont par exemple indissolublement liés, ce qui n'est pas très catholique, il faut reconnaître. Mais, blague à part, ce Dieu-là peut être facilement tenu pour quantité négligeable (il n'est, en gros, que le Créateur) sans rien enlever à l’originalité des vues de ce penseur-poète singulier, sans "trahir" sa conception d’un monde avant tout régi par la loi des attractions, inspirée de Newton.

Ce dont Fourier nous parle presque toujours - et c'est bien plus intéressant que ses projets de réformes dans le domaine économique, qui ont leurs limites -, c'est de nos désirs, de nos passions. « Les attractions sont proportionnelles aux destinées ». Oui, mais ce n’est pas de l’hédonisme bon marché. Fourier va plus loin, Fourier dérange. D'ailleurs ses disciples (vaut-il mieux, là aussi, ne pas en avoir ?) ne s'y sont pas trompé en escamotant une partie de son oeuvre. L’indifférence aidant par la suite, ce n'est qu'un siècle et demi après leur élaboration (grosso modo jusque vers la fin des années 1960) qu'on a pu avoir accès à l'ensemble des textes.

Car ce que Fourier fustige, c'est la Civilisation, rien de moins, qui pour lui fait suite à la Sauvagerie, puis à la Barbarie, sans que les hommes aient pu en finir avec le mensonge, l'asservissement, le meurtre, etc., bien au contraire. Le salut de l'humanité passe par la mise en place de l'Harmonie. Fourier est ce qu'il est convenu d'appeler un utopiste.

Il faudra y revenir, impossible de résumer en quelques lignes une pensée si originale et si puissante, si déconcertante aussi, parfois. Dire par exemple à quel point il a été un précurseur de Freud (il parle d'« engorgement » plutôt que de « refoulement » mais bon). Citer ses pages sur l'éducation des enfants, une vision par bien des aspects très libertaire...

Photo: T. Buquet, Lyon, parc de la Tête d’or, 1990.

article en ébauche

25 mai 2007

«Nous ne pouvons rester silencieux»

Signalons et saluons ici la démission de Gérard Noiriel, avec 7 autres chercheurs (sur 12 au total), du comité d'histoire de la future Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI).

Entretien paru dans Libé d'hier, extraits:

Gérard Noiriel explique sa décision de quitter la future Cité de l'histoire de l'immigration.

«Nous ne pouvons rester silencieux»

«Pendant la campagne électorale, nous avons fait savoir publiquement que l'intitulé d'un ministère avec côte à côte les mots «immigration» et «identité nationale» n'était pas tolérable. Par notre expérience et nos travaux, nous savons que cette association a été mise en circulation en France d'abord par le Club de l'Horloge et le Grece (Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne)[ deux officines d'extrême droite, ndlr], et diffusée par le Front national. Dans un ouvrage que j'ai publié chez Fayard (1), je montre le rôle majeur des mots ­ plus que des idées ou des arguments ­ dans la construction des stéréotypes sur l'immigration. Ce label associant immigration et identité nationale charrie des représentations négatives. Désormais, tout le monde va prononcer quotidiennement le nom de ce ministère, et ce qui auparavant ne s'entendait que dans la bouche des gens d'extrême droite va être complètement banalisé. Si on ne casse pas ces réflexes, il ne faut pas s'étonner, comme le montre la dernière enquête de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), que 50 % des Français pensent qu'il y a trop d'étrangers dans ce pays !

[...] pendant la campagne de la présidentielle, on a vu resurgir le vieux vocabulaire du mépris et de l'intolérance à l'égard des immigrés.

[...] Nous savons pertinemment que, dans notre société, le point de vue des scientifiques ne pèse pas lourd dans les décisions politiques. Notre seul souci a toujours été d'assumer nos responsabilités de chercheurs impliqués dans la défense d'une cause civique, mais en toute indépendance d'esprit. C'est la raison pour laquelle au moment des violences urbaines de 2005, nous avions rédigé un texte, paru dans Le Monde, pour dire que les dirigeants politiques ne devaient pas employer des termes qui blessent, comme «racaille» , mot qui fait partie d'un vocabulaire extrêmement connoté historiquement et politiquement. Pendant la campagne électorale, plusieurs d'entre nous ont dit publiquement qu'ils ne pourraient pas rester silencieux si un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale était créé. Dans les jours qui ont précédé la constitution du gouvernement, nous avons alerté les autorités sur nos intentions. Mais nous n'avons pas été entendus.»

(1) Immigration, antisémitisme et racisme en France (XIXe-XXe siècles). Discours publics, humiliations privées, Fayard 2007.

et aussi:

Une Cité minée par les démissions


A lire également:

LETTRE OUVERTE AU MINISTRE DE L'IMMIGRATION...

par ACAT France, ADDE, Amnesty International, ANAFÉ, CIMADE, GISTI, LDH, MRAP, SAF, Syndicat de la Magistrature

16 mai 2007

reportage 1










(Ombres, par Bamar)

A suivre...

DE CES NOTES PRISES DANS LES MARGES DES LIVRES ET D'AUTRES CHOSES ENCORE...