10 juin 2007

tiens...

... suite au billet ci-dessous, en feuilletant un (beau) livre d'images, je tombe sur:


Jean-François Raffaëlli, Paris 1850 - 1924, Paysage de banlieue.

9 juin 2007

mention spéciale

Mention spéciale à cités 2 france. La devise de ce blog: "Toutes les banlieues s'ressemblent alors j'voudrais que toutes les banlieues s'rassemblent !"

Un boulot impressionnant: répertorier et classer des photos de toutes les cités de France et de Navarre, et des DOM, par départements et par villes. 1831 pages à ce jour, des milliers d'images! Bien sûr, en s'y balladant, on finit par avoir quelque peu le tourni à force de slalomer entre les prises de vue aériennes ou en contre-plongée des tours et des barres d'immeubles, mais ça vaut le détour. Avec un peu de patience, j'ai même retrouvé celle où j'ai grandi!

A noter, tout en bas de la page d'accueil, une bonne chronologie des révoltes de 2005, et, de ci de là, de solides dossiers et de chouettes vidéos. En bonus: on peut télécharger la NET TAPE. Tout bénéf, on vous dit.

Quand est-ce que qu'on était tombés dessus? Difficile à dire, mais un correspondant avait déjà posté quelque chose dessus il y a tout juste deux ans. Tout ça pour dire que ça faisait un moment qu'on voulait en reparler, c'est fait. Longue vie à eux!

bibliographie d'accord, mais sélective alors

Puisque cette petite cokine a lâché le morceau, il me faut compléter ce listing. Et je dois dire que c'est sans aucun doute en écrivant la série des ALIZ que je me suis le plus amusé, à l'époque...


Après la première série aux Editions Nuits Blanches, qui comprenait :
  • Aliz ou les métamorphoses du caprice
  • Aliz aux portes de l’enfer
  • Aliz en redemande
  • Aliz n’abandonne jamais
j’avais changé d’éditeur et j’étais passé chez J.-F. Dupuis. Dans la collection "Vous avez dit macabre ?", j’avais donné :
  • Aliz n’a pas froid aux méninges
  • Pas de trêve pour Aliz
  • Aliz, loin de tout anthropomorphisme pourtant
  • Aliz et son puma
Puis, pour les Editions La Désinvolte cette fois :
  • Aliz et les sans-terre
  • Qui ne connaît pas Aliz ?
  • Noces spéciales pour Aliz
  • Ce n’est qu’un épilogue, ma chère

Je me foulais de moins en moins, mais tant que le public suivait… Ça m’avait rapporté quelque chose, aussitôt réinjecté dans des projets plus discrets.

Aliz a aussi récemment participé à un récit composé à quatre ou cinq mains (enfin par paires ça ferait plutôt 8 ou 10), Le feu vert ça s'appelle…

6 juin 2007

bibliographie occulte (1)

Petit cachottier! En faisant quelques recherches, et aidée par ce qu'il faut bien appeler la chance, j'ai découvert chez notre ami tout un passé caché d'auteur de polars et autres récits à suspense. Et ce n'est qu'un début, je vais de surprise en surprise...

Mais au final ce n'est peut-être pas très étonnant, quant on sait que ce genre littéraire, caractérisé entre autres par une intrigue riche en rebondissements, n'est en fait souvent qu'un prétexte pour diffuser des idées d'un tout autre tonneau...






3 juin 2007

Notre amie, toujours elle, décidemment


Va falloir que je pense à renommer ce blog Le blog de la girafe...

Pour tenter une première interprétation de l’analogie girafe-Vérité* (voir texte scanné plus bas), on peut se faire aider par Baudelaire, qui a lu Fourier.

Premier quatrain du célèbre sonnet Correspondances :

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Pour Baudelaire, c’est le poète qui est le passeur, celui qui peut interpréter, déchiffrer la Nature. Ce que Baudelaire veut retrouver, c’est la ténébreuse et profonde unité, celle d’avant la Civilisation, justement. Retrouver le langage originel, celui de l’Age d’or, que cherchent tous les poètes, au fond. En effet, le poète est celui :

Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes!

(Elevation)

Mais ce n'est pas là tâche aisée, on se rappelle L'Albatros, cloué au sol et moqué des hommes...


Baudelaire au fauteuil, par Nadar

Le langage des fleurs… il y a des pages formidables de Fourier sur les fleurs... Mais revenons à nos girafes. Pour Fourier, une approche scientifique de l’étude des rapports cachés de l’homme et de la Nature, rapports qu'il s'agit de décrypter, est possible. Tous les modèles de caractères, tous les rapports passionnels, en positif comme en négatif, sont déjà écrits. Mais c'est une approche assez particulière, la sienne, toujours dans un but de réconciliation des hommes avec leur environnement. Cette approche scientifique est aussi extrêmement poétique : la Théorie des quatre mouvements, son premier texte publié, qui est aussi le plus audacieux, est qualifié de poème mathématique, et c’est entre autres pour cela qu’on s'en moquera, notamment Marx (mais pas Engels), qui l’écartera au profit de son « socialisme scientifique », en posant la séparation de celui-ci avec le « socialisme utopique ». La concurrence était rude.

Mais quels sont ces quatre mouvements? Le social, le minéral, le végétal, l’animal, qui doivent, qui peuvent fonctionner en Harmonie grâce aux attractions passionnelles libérées, en séries calculées. Mais cette Harmonie sera inédite, il s’agit en effet d’atteindre à un ordre nouveau et non d’un retour en arrière avant on ne sait quel péché originel. Le projet de Fourier est révolutionnaire.


à suivre


* je garde ici les majuscules de Fourier pour Nature, Civilisation, Harmonie, etc., même si ça n’est plus dans nos habitudes.


Pour plus d’infos sur la girafe, la « vraie », ici c’est vraiment pas mal.

29 mai 2007

spéciale dédicace

En ces temps où Mai est censé passer à la trappe, quelques reproductions d'affiches de L'Atelier Populaire...

...

...

Zéro nostalgie hein, j'étais même pas née. Zéro mythe, passé glorieux, etc., non plus, juste une envie de ressortir ces images parlantes au possible, et toujours d'actualité...

Pour un bon échantillon, voir ici.


Il y a deux ans, ces images avaient été récupérées sans vergogne par la grande distribution. Pour plus d'infos sur la question, c'est ici ou encore .

Enfin, un beau détournement de détournement:


27 mai 2007

A propos de la statue, cette fois

Paris, entre Place de Clichy et Blanche.

Dégoûté. Voilà ce que je trouve (et encore je vous assure que c'est mieux en photo qu'en vrai):

Aujourd'hui même.

Des imbéciles, qui s’autoproclament précaires, le dernier adjectif à la mode, ont monté une cabine en verre sur le socle de la statue disparue de Fourier, pour le plus grand divertissement des badauds et des touristes. Il s'agit d'un collectif (fallait-il qu'ils se mettent à plusieurs? On n'ose imaginer ce que chaque individu pris séparément pourrait nous sortir en fait de concept génial), qui prétend « cultiver le paysage ». Bonjour. Voir leur communiqué de presse.

C'est bien le socle d'origine.

Quelles que soient les intentions déclarées (« Nous honorons une nouvelle fois le socle de Charles Fourier », « Mais ici, point d’hommage au grand homme »), cette installation, qui aurait pu être sponsorisée par France Télécom, est du plus mauvais effet. Pourquoi pas un abribus panoramique tant qu'ils y étaient? Même en admettant que ces types à l’imagination en berne aient réellement installé ce truc à l’insu des autorités, comme on dit, le fait même qu’il n’ait pas été immédiatement démonté par ces mêmes autorités, suffit à prouver à quel point ce genre d’initiative va dans le sens du poil de la médiocrité de l’aménagement urbain (et "culturel"). D'une tristesse. D’ailleurs la Ville de Paris va le leur mettre aux normes, à ces pauvres chéris :

« MERCI DE NE PAS MONTER
Esthétique et sécurité ne sont pas toujours compatibles,
dans l’attente d’une mise aux normes prochaines de l’escalier,
merci de ne pas monter. »


Ils auraient pu traduire en japonais ou en italien, pour nos amis de passage…

Cette idée de représenter la disparition, de souligner le vide par un volume en verre est d’une telle banalité, a un tel air de déjà vu, qu’on se demande comment un quelconque sous-fifre de la Direction des Affaires culturelles, de celle des Parcs et Jardins, que sais-je encore, ne l’a pas eu avant eux (mais peut-être ce fonctionnaire éclairé est-il en réalité le chef de la bande). Décidemment rien n’aura été épargné à Fourier. Cette bouffonnerie au rabais qui bien entendu – ça ne mange pas de pain – se veut subversive (la référence obligée aux situs) sera-t-elle la dernière péripétie de l’histoire de ce site ? Retour en arrière:

C’est en juin 1899, difficilement financée par le fouriérisme officiel finissant et divisé, qu’est érigée la statue.

Une quarantaine d'années plus tard, au début de l’Occupation, elle est enlevée par les nazis qui récupèrent le bronze pour le fondre en munitions. Fourier est "sacrifié" parmi les premiers. Plus de statue sur le Boulevard de Clichy, donc, mais le socle reste.


En 1969, nouvel épisode, ainsi relaté dans la revue de l’I.S :

Le retour de Charles Fourier

« Le lundi 10 mars 1969, à 19 heures, au moment même donc où commençait une « grève générale » divertissement soigneusement limitée à vingt-quatre heures par l’ensemble des bureaucraties syndicales, la statue de Charles Fourier était remise, place Clichy, sur son socle, resté vide depuis que les nazis en avaient enlevé sa première version. Une plaque gravée à la base de la statue en disait l’origine : « En hommage à Charles Fourier, les barricadiers de la rue Gay-Lussac ». Jamais encore la technique du détournement n’avait touché un tel domaine.

Le travail de mise en place fut effectué à un moment où la place Clichy est très fréquentée, et devant plus d’une centaine de témoins, dont beaucoup s’attroupèrent, mais dont personne, même en lisant la plaque, ne s’étonna (on s’étonne peu en France, après avoir vu mai 1968). La statue, réplique exacte de la précédente, était en plâtre, mais finement bronzée. À vue d’œil, on la croyait vraie. Elle pesait quand même plus de cent kilos. La police s’avisa peu après de sa présence, et laissa une garde autour d’elle durant toute la journée du lendemain. Elle fut enlevée à l’aube du surlendemain par les services techniques de la Préfecture.

Un commando d’une vingtaine « d’inconnus », comme disait Le Monde du 13 mars, avait suffi à couvrir toute l’opération, qui dura un quart d’heure. D’après un témoin, cité par France-Soir du 13, « huit jeunes gens d’une vingtaine d’années sont venus le déposer à l’aide de madriers. Une jolie performance si l’on sait qu’il n’a pas fallu moins de trente gardiens de la paix et une grue pour remettre, le lendemain, le socle à nu. » Et L’Aurore, pour une fois véridique, faisait remarquer que la chose était notable car « les enragés ne rendent pas tant d’hommages ». »
Internationale situationniste, Revue de la section française de l’I.S., Numéro 12, Septembre 1969

(à noter que sur cette prise on voit encore en fond le célèbre Gaumont Palace,
détruit en 1972 pour laisser place à un complexe hôtelier particulièrement répugnant...)

A suivre ?

(si l'on y tient vraiment, on peut voir d'autres images récentes ici)

Fourier, suite

Je poursuis.


Stendhal, qui s’y connaissait en matière de reconnaissance tardive, a dit du penseur, qu’il admirait : « On ne lui accordera que dans vingt années son rang de rêveur sublime » (Mémoires d'un touriste, 1838). De fait, on l’a vu, il aura attendu bien plus longtemps ! Aucun hasard là-dedans, mais bien plutôt un escamotage programmé : par son disciple et principal exécuteur testamentaire tout d’abord, Victor Considérant, qui dans les éditions posthumes fera scrupuleusement le tri, en supprimant notamment tous les passages sur l’amour libre, ce que ne manqueront pas de faire à sa suite les membres de l’Ecole sociétaire, qui garderont pendant longtemps la mainmise sur ses écrits. Il suffira qu’un peu de malchance vienne couronner le tout, avec des manuscrits disparus, des cahiers rongés par les souris, etc. Dans son excellente Vie de Charles Fourier (Denoël/Gonthier, Paris, 1978), Emile Lehouck écrit :

« Son anticonformisme n’allait pas seulement à l’encontre de la morale, il niait également les valeurs de la science moderne : la notion de progrès et les grands principes de la recherche positiviste. Alors que la civilisation bourgeoise affûtait ses armes pour se lancer dans son programme de conquête de la nature, Fourier, fidèle à la tradition ésotérique, concevait la science comme une étude des rapports visibles ou secrets de l’homme avec cette même nature, rapports considérés en termes d’union et non de conflit. Cette vision d’un monde réconcilié, si contraire à notre obsession des prouesses techniques, a été appelée utopie et tournée en ridicule. Cependant aujourd’hui que le formidable déploiement scientifique ne nous offre plus comme perspective d’avenir que l’holocauste atomique, l’empoisonnement de la planète ou encore la famine généralisée, on commence à comprendre que l’esclavage auquel l’homme prétendait soumettre la nature signifiait en définitive son propre esclavage. Marcuse corrige Marx et on en revient à Fourier. »

Il y a pas mal d’endroits sur le net où l’on parle de Fourier. En bouquins, outre l’essai biographique de Lehouck et la synthèse aux PUF déjà cités, je recommande Charles Fourier : vers la liberté en amour, Gallimard, coll. Idées, 1975, avec une très bonne présentation de Daniel Guérin. A dénicher en occase car épuisé et non réédité, il me semble.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. Je m’en vais faire un tour du côté de la Place de Clichy prendre quelques photos du socle de la statue disparue de Fourier dont je raconterai l’histoire (connue, mais quand même, pas tant que ça) la prochaine fois…

26 mai 2007

la girafe: le retour, donc

L'autre jour je me demandais si ma bibliothèque ne commençait pas un peu à se mordre la queue (voir photo plus bas), ce qui est toujours ce qui peut arriver de pire à une bibliothèque, qui se doit bien plutôt d'être un labyrinthe où se perdre, sans en rester prisonnier, ou alors en connaissance de cause, en acceptant d'entrée les risques que cela comporte... Le mieux étant peut-être de ne pas en avoir, ou de tout laisser dans des cartons au fond d'une cave... Bref, je m'en approche donc et sors quelques bouquins au hasard, enfin presque, et voilà qu'en refeuilletant Fourier, je tombe sur notre amie la girafe, dont il a déjà été question ici:



Fourier, PUF, 1969.

Bien sûr, il faudrait écrire une présentation du passage, s’interroger sur le Dieu de Fourier, par exemple, dire qu’il est tout de même assez particulier. Pour le moment, on peut déjà dire que ce n'est certes pas le Dieu de l'abstinence, de la faute, du péché. Pour le Bisontin (il est né à Besançon en 1772, mort à Paris en 1837), sacré et érotisme sont par exemple indissolublement liés, ce qui n'est pas très catholique, il faut reconnaître. Mais, blague à part, ce Dieu-là peut être facilement tenu pour quantité négligeable (il n'est, en gros, que le Créateur) sans rien enlever à l’originalité des vues de ce penseur-poète singulier, sans "trahir" sa conception d’un monde avant tout régi par la loi des attractions, inspirée de Newton.

Ce dont Fourier nous parle presque toujours - et c'est bien plus intéressant que ses projets de réformes dans le domaine économique, qui ont leurs limites -, c'est de nos désirs, de nos passions. « Les attractions sont proportionnelles aux destinées ». Oui, mais ce n’est pas de l’hédonisme bon marché. Fourier va plus loin, Fourier dérange. D'ailleurs ses disciples (vaut-il mieux, là aussi, ne pas en avoir ?) ne s'y sont pas trompé en escamotant une partie de son oeuvre. L’indifférence aidant par la suite, ce n'est qu'un siècle et demi après leur élaboration (grosso modo jusque vers la fin des années 1960) qu'on a pu avoir accès à l'ensemble des textes.

Car ce que Fourier fustige, c'est la Civilisation, rien de moins, qui pour lui fait suite à la Sauvagerie, puis à la Barbarie, sans que les hommes aient pu en finir avec le mensonge, l'asservissement, le meurtre, etc., bien au contraire. Le salut de l'humanité passe par la mise en place de l'Harmonie. Fourier est ce qu'il est convenu d'appeler un utopiste.

Il faudra y revenir, impossible de résumer en quelques lignes une pensée si originale et si puissante, si déconcertante aussi, parfois. Dire par exemple à quel point il a été un précurseur de Freud (il parle d'« engorgement » plutôt que de « refoulement » mais bon). Citer ses pages sur l'éducation des enfants, une vision par bien des aspects très libertaire...

Photo: T. Buquet, Lyon, parc de la Tête d’or, 1990.

article en ébauche

25 mai 2007

«Nous ne pouvons rester silencieux»

Signalons et saluons ici la démission de Gérard Noiriel, avec 7 autres chercheurs (sur 12 au total), du comité d'histoire de la future Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI).

Entretien paru dans Libé d'hier, extraits:

Gérard Noiriel explique sa décision de quitter la future Cité de l'histoire de l'immigration.

«Nous ne pouvons rester silencieux»

«Pendant la campagne électorale, nous avons fait savoir publiquement que l'intitulé d'un ministère avec côte à côte les mots «immigration» et «identité nationale» n'était pas tolérable. Par notre expérience et nos travaux, nous savons que cette association a été mise en circulation en France d'abord par le Club de l'Horloge et le Grece (Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne)[ deux officines d'extrême droite, ndlr], et diffusée par le Front national. Dans un ouvrage que j'ai publié chez Fayard (1), je montre le rôle majeur des mots ­ plus que des idées ou des arguments ­ dans la construction des stéréotypes sur l'immigration. Ce label associant immigration et identité nationale charrie des représentations négatives. Désormais, tout le monde va prononcer quotidiennement le nom de ce ministère, et ce qui auparavant ne s'entendait que dans la bouche des gens d'extrême droite va être complètement banalisé. Si on ne casse pas ces réflexes, il ne faut pas s'étonner, comme le montre la dernière enquête de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), que 50 % des Français pensent qu'il y a trop d'étrangers dans ce pays !

[...] pendant la campagne de la présidentielle, on a vu resurgir le vieux vocabulaire du mépris et de l'intolérance à l'égard des immigrés.

[...] Nous savons pertinemment que, dans notre société, le point de vue des scientifiques ne pèse pas lourd dans les décisions politiques. Notre seul souci a toujours été d'assumer nos responsabilités de chercheurs impliqués dans la défense d'une cause civique, mais en toute indépendance d'esprit. C'est la raison pour laquelle au moment des violences urbaines de 2005, nous avions rédigé un texte, paru dans Le Monde, pour dire que les dirigeants politiques ne devaient pas employer des termes qui blessent, comme «racaille» , mot qui fait partie d'un vocabulaire extrêmement connoté historiquement et politiquement. Pendant la campagne électorale, plusieurs d'entre nous ont dit publiquement qu'ils ne pourraient pas rester silencieux si un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale était créé. Dans les jours qui ont précédé la constitution du gouvernement, nous avons alerté les autorités sur nos intentions. Mais nous n'avons pas été entendus.»

(1) Immigration, antisémitisme et racisme en France (XIXe-XXe siècles). Discours publics, humiliations privées, Fayard 2007.

et aussi:

Une Cité minée par les démissions


A lire également:

LETTRE OUVERTE AU MINISTRE DE L'IMMIGRATION...

par ACAT France, ADDE, Amnesty International, ANAFÉ, CIMADE, GISTI, LDH, MRAP, SAF, Syndicat de la Magistrature

DE CES NOTES PRISES DANS LES MARGES DES LIVRES ET D'AUTRES CHOSES ENCORE...